Pourquoi la jeunesse ressent le besoin de se réinventer?

« La jeunesse, sourire de l’avenir devant un inconnu qui est lui-même ». C’est ainsi que le célèbre écrivain français Victor Hugo définissait la jeunesse.  Si le constat a déjà été fait deux siècles avant notre génération ; force est de constater que le problème persiste. D’un côté, il y a une société qui ne croit pas en sa jeunesse, d’un autre, il y a une jeunesse complètement perdue. La jeunesse est donc face à   son destin depuis la nuit des temps. Il nous faut donc inventer nos vies.

On ne construit donc plus sa vie comme avant

Pierre après pierre, en bâtisseur. Chacun compose son existence avec ses outils et son tempérament, plutôt en artiste hésitant et inquiet. En solo, en famille ou en couple. En parcourant le monde façon “auberge espagnole” ou en restant attaché à sa campagne. Avec un bac+8 ou sans diplômes. Avec ambition, indignation ou résignation. Par coups d’éclat brillants, bricolage hasardeux ou minutieux échafaudage…

Au-delà des différences et inégalités, bien réelles, se dégagent des traits communs. Pour chaque jeune adulte, se trouver passe par un subtil aménagement entre rêves d’enfant, réalité du marché de l’emploi et regard des autres. S’insérer suppose de passer par un tunnel de contrats précaires. S’émanciper oblige à remettre à leur place des parents parfois plus immatures que leur Tanguy présumé… S’engager, ce n’est plus adhérer à un parti, mais plus souvent expérimenter des nouvelles formes de mobilisation. S’évader à l’étranger devient une option réaliste. Et que dire de s’aimer ? Oui, mais sans trop « se prendre la tête », puisque l’éternité du couple n’est plus à notre portée.

Parce que la jeunesse doit sourire à l’avenir

Il est temps que la jeunesse se responsabilise et tienne le taureau par les cornes. Bientôt l’heure viendra où la jeunesse dirigera des institutions, l’heure viendra où la jeunesse entrepreneur sera le poumon de l’économie nationale d’une grande puissance mondiale, même s’il nous faut attendre des décennies mais nous n’ignorons pas que notre jour ne tardera pas à venir, on en est qu’au début. Si chaque génération du monde a eu son règne, le nôtre arrive très vite mais attendre est un jeu auquel l’on partira déjà perdant. Face à cette situation l’effort ne viendra pas que de ceux qui hériteront de demain mais l’effort doit d’abord venir de ceux qui nous le légueront cet héritage. Puisque on parle d’un héritage non matériel mais plutôt social, la société est appelée à responsabiliser les jeunes, à les inspirer, à les encadrer pour faire d’eux des vrais olympiens à qui relayer la flamme de l’avenir.

Des mots qui donnent surement de l’espoir que demain sera meilleur, mais il devra être moins à découvrir qu’à inventer et à préparer pour la jeunesse.

Roland GBEGAN

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