Les jeunes d’aujourd’hui ne veulent plus être salarié

Que ce soit au collège, en CAP, en faculté, en prépa, en BTS, en école de commerce, d’informatique, … rare sont ceux qui vous répondront : « je veux devenir freelance ». La génération Y, ils ont entre 20 et 35 ans, et lorsqu’on les interroge sur le travail ­ pourquoi, où, comment ? ­, ils répondent la même chose, quels que soient leurs origines sociales, leur sexe, leur niveau de diplômes. Comme si toute une génération s’était donné le mot. Tous ou presque aspirent à devenir salariés, protégés, mais pas couvés, ni dirigés. Ils veulent être responsables et autonomes dans le boulot. En échange ils sont prêts à s’adapter, à se former, à changer de métier ou d’entreprise, mais pas à n’importe quel prix. Alors pourquoi le nombre de travailleurs appelé « freelance » augmentent de jour en jour, Pensez-vous que cette génération ne veut pas ou qu’ils ont redéfini le terme « salarié ».

L’avenir est à la liberté. Si la majorité des jeunes cherche en priorité à obtenir un contrat à durée indéterminé, ils sont de plus en plus nombreux à se désintéresser de ce statut. Les jeunes ne se projettent plus également uniquement vers les grandes entreprises. Pour nombreux d’entre eux, il n’est plus le seul modèle d’employeur idéal. Sinon, ils souhaitent travailler, par ordre de préférence, dans une PME, une startup, dans le secteur public, les ONG ou carrément créer leurs boîtes et être à leurs comptes.

Cette volonté de ne pas tout miser sur l’emploi est-elle liée à la crise, et au fait que l’emploi “à vie” n’existe plus ?

La conjoncture économique empêche toute entreprise de promettre quelque chose à plus de 5 ou 10 ans. Il y a aussi une explication plus sociologique : certains de ces jeunes ne veulent pas reproduire un schéma de surinvestissement au travail qui fut celui de leurs parents. Cette génération Y a vu ses parents tout miser sur l’emploi, avec des résultats à géométrie variable. Il y a eu des réussites bien sûr, mais aussi des échecs cuisants, et ces gens qui avaient tout misé sur le travail n’avaient aucune autre branche à laquelle se rattraper, notamment la branche personnelle. Lorsqu’ils ont perdu leur travail, ils ont tout perdu.

La génération Y a donc intégré l’idée qu’il fallait marcher sur deux pieds, avec d’un côté la vie personnelle épanouie et de l’autre la vie professionnelle réussie.

Les jeunes veulent plus de liberté et d’autonomie

Ils veulent bouleverser le monde de l’entreprise. Fini la lenteur d’une organisation complexe. Ces 18–35 ans particulièrement connectés, cherchent à s’affranchir des règles de la vie au travail construites par les générations passées. Souhaitent-ils travailler moins ?

Loin de là, les jeunes veulent plus de liberté dans l’organisation de leur quotidien. Ils ne souhaitent plus être dépendants des “horaires de boulot” et pouvoir saisir chaque instant qui peut être favorable à l’innovation et à la réflexion.

La fin du modèle pyramidal

Cette volonté des jeunes de changer le mode de fonctionnement des organisations s’inscrit dans une mouvance générale liée à l’évolution “naturelle” des sociétés. Envie de tout plaquer, de changer de voie, de ne plus vivre le travail comme une contrainte, les signes sont clairs. Aujourd’hui, les jeunes ne considèrent plus le travail comme un moyen de subsistance. Il doit contribuer à l’épanouissement personnel et faciliter un équilibre de vie. Un paramètre très important.

En revanche, ils souhaitent avoir davantage de liberté. Ils approuvent l’évolution des modes de travail : coworking, télétravail, Flex office, etc. Devenir indépendant n’est également plus un problème. Enfin, ils sont prêts à travailler pour plusieurs employeurs en même temps, si l’occasion devait se présenter.

Même si l’histoire est « sexy », j’engage ceux qui nous la raconte à questionner cette génération Y sur leurs aspirations professionnelles.

  Roland GBEGAN

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